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Bolivie : les ressources naturelles au coeur d’enjeux politiques

Mardi, 6 janvier 2009 par Alban

Il y a deux mois, nous vous informions sur les enjeux politiques liés aux ressources naturelles du Pérou. Afin de compléter ce reportage et de réaliser un comparatif, nous vous invitons à présent à vous informer sur la situation chez notre voisin la Bolivie. Avant d’aborder la thématique des ressources naturelles dans ce pays, effectuons une passerelle avec l’actualité. Ces dernières semaines, la Bolivie a traversé une crise politique qui s’est traduite par de fortes tensions et plusieurs épisodes d’affrontements dans la région est du pays. Cette crise, affaiblissant la présidence d’Evo Morales, a requis l’intervention de la communauté andine des Nations (UNASUR) à travers la tenue de plusieurs réunions et sommets réunissant les chefs d’Etat sudaméricains. Ces événements ont eu pour desseins d’apporter un soutien politique au Président Morales et d’afficher une unité parmi les pays sud-américains, sans toutefois s’ingérer dans les affaires politiques intérieures de la Bolivie.

A l’origine, le pouvoir exécutif rencontrait une forte hostilité des gouverneurs libéraux des régions “prospères”, qui s’opposaient au projet de Nouvelle Constitution du président Morales. En effet, ce projet ambitionne de redéfinir la répartition des revenus des ressources naturelles en faveur des communautés indiennes. Cette opposition politique a rapidement été émaillé de violences, ce qui mets en relief la sensibilité du dossier. Cette grave crise a atteint son paroxysme en septembre lorsque des affrontements faisaient plus de 18 morts, au risque de faire basculer le pays dans une guerre civile.

Le 20 octobre 2008, un accord politique était trouvé : le Congrès adopte le projet de Constitution d’Evo Morales. Auparavant une marche de plus de 100 000 personnes, Evo Morales à sa tête, se dirigeait vers le Congrès afin de faire pression sur l’opposition politique, en vue d’accepter la tenue du référendum sur la nouvelle constitution. Cet accord fut également en partie permis par les concessions faites par le Président Morales, lequel déclara qu’il renoncait à la possibilité de briguer un deuxième mandat, dans le cadre de la Nouvelle Constitution.

Durant cette période, j’ai pu m’entretenir avec des collègues du bureau viventura de La Paz, dont Tomas Sivila, responsable de l’agence viventura dans la capitale bolivienne, qui me confirmait que la question des ressources naturelles occupe une place centrale dans le débat politique et le projet de nouvelle constitution.

De même, m’étant rendu personnellement en Bolivie, quelques semaines après la crise, j’ai remarqué en parcourant les rues de la Paz et en voyageant à l’intérieur du pays de nombreux messages de soutien au président, qui révèlent une profonde attente de la population vis à vis des réformes de l’Etat et de la nouvelle constitution. Cette dernière, à une large majorité, soutient le président dans son projet de doter la République de Bolivie d’une nouvelle Constitution, sans pour autant en connaître parfaitement le contenu.

La récente accession au pouvoir d’Evo Morales à la tête de l’Etat bolivien (22 janvier 2006) a mis au coeur du programme politique un projet de nationalisation des hydrocarbures, accent mis sur le gaz naturel. Le cheval de bataille du Président était également de répartir les revenus des ressources en faveur des peuples indiens, ce qui a irrité, comme il a été précisé auparavant, les gouverneurs libéraux des régions prospères. Mr Morales, lors de son premier mandat a également bataillé pour organiser la tenue d’un référendum sur la constitution.

Le “Nouveau Moyen Orient” du monde, la Bolivie, dispose de la plus grande réserve de lithium au monde (1/3 des réserves mondiales), et l’Etat commence à en mesurer l’enjeu. C’est dans un contexte où le secteur automobile concentre ses recherches sur le développement d’énergies alternatives que la Bolivie entreprends l’exploitation du lithium du Salar d’Uyuni avec l’implantation de sites pilotes.

Toutefois, la région d’Uyuni reste un espace protégé et constitue une vitrine du tourisme de la Bolivie. Les réserves de lithium font l’objet d’une attention particulière du gouvernement mais aussi de plusieurs multinationales, qui manifestent leurs intérêts dans l’exploitation de ces réserves. Avant même les travaux, les associations et organisations de protection environnementale s’inquiétent des conséquences écologiques de l’exploitation du lithium, de même que les conséquences négatives pour le tourisme dans le région.

Comme il a été précisé auparavant, le combat contre la pauvreté qu’engage qu’engage le président Morales dans son mandat s’axe sur la redistribution des revenus issus des ressources naturelles : gaz naturel, minerais, lithium grâce à un meilleur contrôle de leur exploitation ; pour cela le président a déjà procédé à la modification du statut des ressources (licence d’exploitation, propriété de l’Etat) : depuis la bouche du puit jusqu’à la production et la commercialisation. L’objectif affiché est de rendre au peuple le fruit de ce qui lui appartient.

Dans ce contexte, le gouvernement de La Paz a procédé à la révision des contrats signés avec les dizaines de multinationales afin de redéfinir le rôle et le statut dont elles jouissent. Cette démarche vise à rééquilibrer les contrats, afin de limiter les prérogatives des compagnies multinationales, et de renforcer le rôle de l’Etat dans l’exploitation des ressources.

Ainsi, le 1er mai 2006, Evo Morales annonce par décret la nationnalisation des hydrocarbures et la renégociation de tous les contrats des entreprises étrangères dans un délai de 180 Jours. L’objectif est que 82 pourcent des revenus des hydrocarbures soient réservées à l’Etat.

Pour indication, la Bolivie est le 5ème pays au monde producteur d’étain, le neuvième d’argent et le quinzième de zinc. La question des hydrocarbures est sensible en Bolivie : elles représentent 15 pourcent du produit intérieur brut du pays. C’est surtout le gaz qui compte car le pays, avec ses réserves de plus de 1500 milliards de m3, représentent le deuxième gisement de toute l’Amérique du Sud. En revanche, la production de pétrole est faible avec une production quotidienne de 40 000 barils. En dépit de ces atouts, la Bolivie reste le pays le plus pauvre de tout le continent avec un revenu annuel moyen de 4400 USD (source : CIA, The World Factbook, chiffres 2007).

La richesse du sous sol bolivien est à mes yeux une formidable opportunité pour mener à bien une politique sociale (éducation, santé, emploi, justice, services publics) de grande ampleur. Durant de trop nombreuses années, le peuple bolivien a été spolié de ses richesses naturelles. Le mandat de Morales a pour objectif de recadrer la politique énergétique à des fins sociales.

Le mécanisme de redistribution des richesses issues de ces ressources est particulièrement complexe, en raison de l’imbrication des intérêts des multinationales, de l’Etat, des pays riverains approvisionnés en hydrocarbures par la Bolivie et de la présence d’IDE ; de fortes pressions politiques exercées par l’opposition et les gouvernaux libéraux de régions prospères nuisent à la politique volontariste de réformes entreprise par l’Etat.

Malgré une politique volontariste, l’exécutif bolivien se heurte à plusieurs obstacles, intérieurs et extérieurs et notamment à l’opposition farouche des gouverneurs des provinces prospères du pays. Ces derniers défendent fermement leurs positions sur le dossier et ne concoivent pas la remise en cause de leurs situations privilégiées. Ces obtsacles, on l’a vu à travers ce reportage, entravent les réformes de la politique énergétique du président Morales.

Vous l’avez perçu, ce dossier est sujet à de fortes polémiques et d’intenses débats, aussi nous vous invitons à vous exprimer sur les enjeux politiques qui gravitent autour de la manne énergétique que recèle le sous-sol bolivien.

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2 Commentaires »

2 commentaire de “Bolivie : les ressources naturelles au coeur d’enjeux politiques”

  1. Voltz écrit à

    Je suis déchiré de voir les autochtones de ce pays qui croule sous le poids des gros bonnets.
    Depuis l’arrivée des conquistadors, nous leurs avons tout volé, et ça continue. Pour fabriquer NOS voitures qui seront dites “écologiques”, faudra-t-il encore les déposséder inconsidérément de leur trésors national, je veux dire le Salar d’Uyuni ?
    Certe, pour que ce peuple puisse vivre dignement, il faudra certainement passer par une exploitation partielle du Salar, & je suis de ceux qui le regretteront. Ce sera probablement inévitable.
    Mais que celà se fasse de manière “intelligente”, équitable et dans une optique totalement juste. Que ce ne soient pas les actionnaires qui s’engraissent, mais que CE peuple puisse vivre une vie digne.
    Merci a Evo de braver les magnats industriels, de tenir tête à la corruption. Qu’il continue à traquer ceux qui touchent les dessous de table, à quelque niveau que ce soit.
    Merci aussi à EVO d’avoir osé être le premier indien à se présenter & gagner les élections.
    A chaque fois que je vais ds ce pays, j’ai tant de mal à revenir en France. Un jour j’y resterai.
    Merci aux boliviens qui m’aceuillent, me donne leur amitié.

  2. dayana écrit à

    esta bueno

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