L’essor de la gastronomie péruvienne, quand notre cœur fait boom !
Boom gastronomique au Pérou ! Ce thème est abordé régulièrement à la radio, dans les journaux, programmes télé, livres, blogs… Les péruviens sont fiers de leur cuisine et le prouvent ! La cuisine péruvienne a marqué sa place dans la gastronomie internationale et hispano-américaine, notamment au Chili, en Colombie, en Argentine, au Mexique et en Espagne. Beaucoup de touristes pensent qu’elle fait partie d’une des meilleurs, notamment grâce à la diversité des plats, ce qui fait de Lima la capitale gastronomique d’Amérique du Sud. A Arequipa, la deuxième ville du pays, de nombreux restaurants renommés ont choisi cette belle cité pour s’y installer : Zig Zag, Chicha, Paladar 1900… pour n’en citer que quelques uns.
La gastronomie péruvienne a commencé à attirer l’attention durant les années 90, grâce au développement du tourisme. Mais comment peut-on expliquer l’engouement récent pour cette cuisine ? Quelques éléments de réponse avec Michel Hediger, patron et chef cuisinier du Zig Zag, restaurant très connu d’Arequipa. “Cette attention a provoqué chez les péruviens une revalorisation des traditions et également de ses produits” nous dit-il. Plusieurs campagnes vont alors apparaître et le réel développement aura lieu au début des années 2000, notamment grâce à 5 chefs cuisiniers. Le plus connu, Gaston Acurio, a récemment été nommé Ambassadeur de la cuisine Péruvienne.
L'essor actuel de la gastronomie péruvienne a t-il un avenir à long terme ?
Bolivie : la route la plus dangereuse du monde
A environ 4600m d’altitude commence la plus excitante descente en VTT que j’ai jamais fait … Après un briefing d’une heure la veille et un petit déjeuner léger à l’hôtel, l’agence qui propose ce circuit nous conduit en bus depuis l’hôtel jusqu’au point de départ de cette aventure, l’occasion de découvrir les superbes paysages de la cordillère royale. Certains membres du groupe étaient tendus et aussi très excités à l’idée de faire cette nouvelle expérience. Les guides et le conducteur du bus nous ont bien rassurés par leur explications…
Le parcours de descente est situé au nord de La Paz, à environ trois heures de la capitale bolivienne. Au point de départ, “La Cumbre”, nous avons mis l’équipement : casque, gants, pantalon de protection puis une veste et un gilet jaune vif. Les vélos ont été immédiatement essayés et on a fait quelques réglages de la selle et du guidon, de sorte que tout le monde avait la monture adaptée. Quand tout le monde fut enfin familiarisé avec son vélo, nous avons écouté religieusement les conseils et les règles de conduite… Et puis en route pour l’aventure !
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La coca en Bolivie : malédiction ou bénédiction ?
Ce matin, le soleil brille sur les sommets de La Paz et sur les Yungas. La route est recouverte par un nuage de poussière provoqué par les voitures, Les chiens nombreux dans la capitale bolivienne surveillent d’un oeil les maisons. Entre les palmiers et les maisons en briques rouges, les feuilles de coca vertes et jaunes sont étalées sur le « Cachi » (toile sur laquelle elles sèchent). Chaque feuille mesure entre 3 à 5 centimètres.
Isabelle, une fille de mon âge, me conduit dans une plantation, et me raconte l’histoire de la feuille de coca, sa tradition, sa culture et les problèmes qu’elle peut engendrer.
Il est important de préciser qu’entre la feuille et la cocaïne (drogue) le processus chimique est long. En Bolivie comme au Pérou, la feuille de coca est utilisée en tant que remède contre de nombreuses maladies, et aide également contre le mal d’altitude. Pour l’Organisation des Nations Unies, elle est considérée comme un stupéfiant. Même les sachets de thé sont prohibés, où à peine un gramme de feuilles est suffisant pour vous faire tomber sous la loi des stupéfiants en France et d’en d’autres pays européens. L’importation de la coca sous n’importe quelle forme est strictement interdite. Et ce malgré une utilisation traditionnelle très ancienne dans les pays andins.
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Rubrique du Lama Déchainé : Quand le téléphone sonne…
La semaine dernière, assise tranquillement au cinéma, je me suis encore une fois rendu compte du plaisir immense que prennent les Péruviens à communiquer. A peine les lumières éteintes, les téléphones mobiles se mettent à sonner. Partout, on entend des mélodies différentes. Afin de faire savoir à toute la salle qu’on a répondu, on élève le son de la voie et on parle par-dessus la bande sonore du film. Sous les regards mauvais et les “chuts” du reste de l’auditoire, la plupart des personnes terminent leurs conversations relativement rapidement. D’autres en revanche se moquent des plaintes des autres spectateurs du ciné et lisent allègrement les sous-titres en espagnol à leur interlocuteur au bout du fil … afin bien sûr, de ne rien perdre du film !
Les péruviens s’expriment effectivement avec grand plaisir. Et surtout ils aiment faire cela par téléphone portable. Comme on le sait bien, c’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est pourquoi les péruviens téléphonent partout et en toutes circonstances. Que ce soit pendant le shopping, en mangeant, sur la mobylette… Vous verrez la plupart des péruviens l’oreille scotchée à un portable.
Comment les Péruviens arrivent-ils à être toujours en communication ? Voir la suite de l'article !
Lama déchaîné : À laver tête d’un âne, on en perd son latin
Récemment, j’ai pris le bus pour me rendre au bureau, à Cumbaya, un quartier de Quito. Assise seule, je tendais l’oreille et écoutais une conversation entre deux femmes assises derrières moi qui m’étaient totalement inconnues. L’une d’elle racontait sa soirée de la veille. Elle avait été au cinéma avec sa cousine Patty. « Nous voulions aller voir un film d’horreur et sommes arrivés tôt, mais comme il y avait beaucoup de monde à la caisse du ciné, on a demandé d’ouvrir le terrain de football. » Surprise par cette phrase, je me demandais depuis quand les films sont diffusés en plein air sur un terrain de foot lorsqu’il y a trop de monde !?!
Je continuais à écouter : « Quand le film s’est terminé, nous sommes allés boire un coup et j’ai bu une eau de mamie pour me calmer ! » Une ’’eau de mamie’’ ?? Mais qu’est-ce que c’est, jamais entendu parler, jamais bu non plus !!! Elle continuait : « Ma cousine m’a alors murmuré que le mec à la table d’à côté lui envoyait des chiens ! ». Et soudain, je comprends : l’eau de mamie était alcoolisée et elle en avait sûrement bu plus d’une !!!
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Découvrez les marchés péruviens et trouvez le bonheur
Visiter les marchés du Pérou représente toujours un moment particulier. À la différence des marchés en France, vous trouverez ici des étalages de fruits et légumes, de viandes, de poissons, de fromages… mais gigantesques ! Les différents parfums se mélangent avec les cris des gens du marché qui vous font l’éloge de leurs produits. L’ensemble forme un mélange de confusion, dans lequel vous trouverez toujours quelque chose à découvrir.
Le marché central d’Arequipa, San Camillo, n’est pas une exception. Vous y trouverez un large choix de produits, comme de la nourriture, des vêtements, des tissus ou même encore des animaux. Et lorsque vous l’étudiez un peu plus en détail, vous y trouvez bien sûr aussi des produits particuliers du Pérou, comme il n’en existe pas chez nous.
Attirée par une intense odeur d’encens, je me retrouve face à une vingtaine de petits stands très serrés, vendant des herbes, des bijoux, des flacons de parfums, d’encens ou encore d’huiles essentielles.
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Un point de vue sur l’enseignement au Pérou
Depuis près de cinq mois, je vis à Arequipa. Fréquemment, je vois dans la rue les mêmes visages d’enfants, aux mêmes endroits, aux mêmes moments. Quelques uns d’entre eux sont orphelins ou abandonnés, d’autres viennent de Colombie ou de Bolivie ; nombre d’entre eux sont contraints d’apporter des revenus à leurs familles. Dans toutes les situations ces enfants sont partiellement ou complètement privés d’éducation. Dure réalité pour certains, réalité du pays aujourd’hui pour d’autres, c’est pourtant le quotidien de quelques milliers d’enfants ici. Chaque histoire est différente, mais systématiquement elles se rejoignent aux racines ancrées de la pauvreté.
Pour réaliser ce reportage, je suis notamment allé à la rencontre d’enfants des rues, qui, avec simplicité et courage m’ont décrit leurs quotidiens, leurs conditions de vie et le futur, meilleur, auxquels tous aspirent. Voici le témoignage de l’un d’entre eux, Pablo. Lorsque les feux sont rouges, Pablo et son ami Pedro se mettent en action, à faire quelques acrobaties devant les files de voitures.
“Je suis à ce carrefour environ sept heures par jour 5 à 6 jours sur 7. Essayant de ramener quelques revenus, je suis contraint de travailler pour ma famille, afin que tous nous puissions nous nourrir décemment. Mes parents n’ont pas eu les moyens de m’offrir une éducation normale, notamment du fait que nous sommes 3 enfants. Je travaille ici depuis plus d’1 an et j’espère que mes frères et moi pourrons améliorer notre situation.” Précision : il gagne en moyenne 7 à 8 soles par jour et ne connaît pas d’heures fixes ; lorsqu’il pleut, de janvier à mars à Arequipa, il travaille, par absence de choix.
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Équateur : Course d’aventure internationale
Depuis des années, le Huairasinchi est la course d’aventure la plus importante d’Équateur et gagne en notoriété au niveau international. Entre-temps, la course est une condition sine qua none pour se qualifier au championnat du monde au Portugal.
Cette année, 8 équipes étrangères (France, Pologne, Espagne, Colombie, Etats-Unis) y ont participé. Le départ était situé près de la cité printanière Baños et passe par le volcan actif Tungurahua, vers le « Paramo » et entre les volcans Chimborazo et Carihuirazo. Les équipes ont dévalés les km en VTT, en trekking et en kayak sur la côte – de la province de Los Rios.
Il y eu en tout 41 équipes participantes, qui ont démarré samedi dernier à 18h00 dans les catégories aventure et élite. Le lundi matin, les premières équipes ont finis, les dernières le soir vers 19h00. En considérant le temps « mort », l’équipe d’Espagne a gagné, l’équipe nationale d’Équateur s’est hissée au deuxième rang, succédé par une équipe colombiano-équatorienne. 3 jours d’aventure : peu de sommeil, beaucoup d’efforts et des paysages fabuleux ont défilé.
Félicitations à tous!
Équateur : Offensive hivernale
Cette année la rigueur de l´hiver est intense. La saison des pluies a commencée. Pour le moment, nous subissons les conséquences des pluies torrentielles de ces dernières semaines. A la suite des nombreux éboulements, les routes qui connectent Quito aux villes côtières sont impracticable. Sur la Panamericaine s’est même formée une cascade. Depuis hier, 4 des 5 routes de connexion sont impraticables.
Les travaux de voirie n’ont pas pu se poursuivre en raison des risques permanents d’éboulements.
Hier, 6 personnes ont été ensevelies, alors qu’ils se rendaient d’Aloag à Santo Domingo. Elles ont été transférées à l’hôpital et heureusement il n’y a pas eu de morts. De nombreuses pannes électriques se sont produites de janvier à février, alors que la foudre s’est abattue sur une centrale de production d’énergie.
Le gouvernement planifie un projet d’aide à la population en mettant des refuges à disposition pendant la saison des pluies. Il y a une augmentation des prix des produits provenant de la côte des hauts plateaux, en raison de leurs raretés.
Aussi le secteur de tourisme a vu ses bénéfices baisser : à cause de routes impraticables, beaucoup de personnes ne peuvent pas partir en vacances sur la côte. Aucun groupe de viventura n’est touché par ces incidents.
Le Lama Déchaîné ou le vrai sens de l’information au Pérou
Dans l’esprit aventurier propre à viventura, je me suis rendu plusieurs jours sur le site de Choquequirao, à 4 heures de route depuis Cuzco. Au programme : 4 jours de trecking à la découverte d’un des derniers bijoux du génie de la civilisation inca, à l’abri des nombreux touristes du Machu Picchu. Au prix d’un effort particulier, ce site, à flanc de colline, offre un concentré du génie d’une des plus grandes civilisations andines, côtoyant l’énigme et entretenant le mystère. D’une expérience vraiment inoubliable, tant par le caractère historique et sacré du site que par les paysages enchanteurs parcourus tout au long des 64km, j’ai également du réapprendre les “joies” de la valeur de l’information au Pérou, notamment dans le contexte spatio-temporel. Cela s’est également traduit par une série de mésaventures un peu “douloureuses”. Cependant ce fut aussi l’occasion d’expérimenter de savoureuses rencontres humaines, loin de préoccupations pécuniaires et matérialistes : l’authenticité du sens de l’hospitalité de simples péruviens était au rendez-vous.
Replaçons nous dans le contexte : un membre de l’équipe viventura part seul à l’aventure durant 4 jours, tente et nourriture sous le coude. Les kilomètres s’enchaînent, les efforts s’intensifient, les douleurs commencent à naître et l’excitation commence à le gagner. Quel plus beau treck que de découvrir un site inca protégé, préservé, sublime, à l’abri des effets dévastateurs du tourisme de masse ?
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Bolivie : les ressources naturelles au coeur d’enjeux politiques
Il y a deux mois, nous vous informions sur les enjeux politiques liés aux ressources naturelles du Pérou. Afin de compléter ce reportage et de réaliser un comparatif, nous vous invitons à présent à vous informer sur la situation chez notre voisin la Bolivie.
Avant d’aborder la thématique des ressources naturelles dans ce pays, effectuons une passerelle avec l’actualité. Ces dernières semaines, la Bolivie a traversé une crise politique qui s’est traduite par de fortes tensions et plusieurs épisodes d’affrontements dans la région est du pays.
Cette crise, affaiblissant la présidence d’Evo Morales, a requis l’intervention de la communauté andine des Nations (UNASUR) à travers la tenue de plusieurs réunions et sommets réunissant les chefs d’Etat sudaméricains. Ces événements ont eu pour desseins d’apporter un soutien politique au Président Morales et d’afficher une unité parmi les pays sud-américains, sans toutefois s’ingérer dans les affaires politiques intérieures de la Bolivie. Pour lire la suite de ce reportage sur les ressources naturelles de la Bolivie, cliquez ici !
Politique carnavalesque en Bolivie
En tant que Bolivien, j’aime mon pays et estime énormément notre culture et notre mode de vie. Nous aimons en particulier les activités qui sont organisées entre communautés telles que les marchés, les défilés de carnavals, les parades. Nous nous y rendons avec grand plaisir et nous y sentons agréablement bien.
Les fêtes populaires de carnaval sont notre spécialité. Lors de celles-ci, des milliers de personnes enthousiastes dansent tout au long de la fête. Ce caractère enthousiaste et le fait d’aimer être en groupe a aussi des aspects négatifs, qui s’affichent malheureusement bien trop souvent et aujourd’hui de plus en plus, dans la politique du pays : syndicats, communautés et associations villageoises agissent comme un groupe de danseurs qui suit constamment les pas de l’homme de devant.
Pour en savoir plus sur la politique carnavalesque en Bolivie, continuez votre lecture !
Equateur : une journée sportive à la Carolina
Vous souvenez-vous du projet “Para dar esperanza” ? Cette association que soutient viventura, située dans un quartier très pauvre au nord de Quito ? L’école/garderie regroupe des enfants âgés de 2 à 15 ans, qui viennent pour la plupart de familles très démunies. Le projet les accueille du lundi au jeudi après l’école afin d’assurer le suivi de leurs devoirs, leur permettre de profiter d’un petit terrain de jeu collectif et renforcer leur enseignement, en aidant par exemple les plus petits à compter ou à écrire leur nom. Le but, à terme, est de les empêcher de retourner travailler dans la rue.
Je travaille pour ce projet deux après midi par semaine depuis maintenant environ 4 mois, ainsi que 3 autres volontaires et 4 animatrices équatoriennes. Tous les jours nous participons aux diverses activités proposées par les animatrices puis distribuons les collations avant que les enfants ne rentrent chez eux. Conscients de la chance que nous avons eu étant enfants, nous aimons leur faire profiter au maximum de notre présence, de par nos diverses expériences et connaissances. Ainsi, en leur parlant de nos vies respectives et de nos activités, nous nous sommes rendus compte que, chacun et chacune d’entre nous qui travaillons pour ce projet, avions des passions communes, un jardin secret à leur faire découvrir…Pour ma part, j’avais très envie d’organiser des activités de plein air et de partager avec les enfants ma passion pour le langage corporel et la danse. Pourquoi ne pas organiser un mini voyage au parc de la Carolina, nous aurions alors tout l’espace disponible pour développer nos propres ateliers !
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Pérou : ressources naturelles, nouveaux enjeux politiques ?
A l’image de son voisin la Bolivie, la République du Pérou dispose de ressources abondantes ; à la fois très diversifiées et importantes. Dans la Cordillère on retrouve d’importantes ressources minières. Néanmoins, l’interdépendance des minerais et métaux rend l’économie sujette aux fluctuations des cours mondiaux.
Depuis mon arrivée au Pérou, et dans un contexte où l’énergie et les ressources occupent une place croissante, je m’intéresse particulièrement à la gestion de ces défis énergétiques dans des pays riches en ressources. En effet, c’est un sujet qui m’intéresse tout particulièrement, du fait que j’ai été en contact au tout début du stage avec des personnes travaillant dans le secteur d’activité minière. Près de 25% de la population d’Arequipa, où je vis depuis septembre 2008, travaille directement ou indirectement pour cette industrie. Afin d’approfondir mes connaissances sur ce sujet, j’ai mené plusieurs études auprès de différents acteurs de l’industrie d’exploitation minière notamment.
A titre indicatif, le Pérou se classe parmi les 5 premiers producteurs mondiaux d’argent, de cuivre, d’étain, de zinc, de plomb, de molybdène et d’or. L’exploitation des matières premières constitue une part importante de l’économie du pays. Les perspectives de croissance sont dépendantes des exportations de minerais, de textiles et de produits agricoles. En outre, l’essor économique est étroitement lié aux prévisions d’un grand projet de gaz naturel (Camisea). D’autres projets énergétiques prometteurs joueront également un rôle certain dans les prévisions de croissance économique de cet Etat. J’ai appris qu’au delà de ces projets en relation avec le développement de l’exploitation de ressources, le Président Garcia a dernièrement annoncé un programme destiné à promouvoir le développement économique sur les hauts plateaux centraux et du sud du pays, nommé “Sierra Exportadora”.
Au Pérou, l’abondance et la diversité des ressources sont souvent une malédiction entre les mains des gouvernants, m’indiquent mes collègues de bureau. Leur exploitation a longtemps été traitée sans prise en considération de critères de viabilité et de durabilité. Depuis le début de l’ère républicaine, les politiques économiques des gouvernements successifs ont été – en général – sévèrement affectées par l’exploitation intensive (et non rationnelle) des ressources naturelles, toujours sujettes à des facteurs d’ordre externe (les fluctuations des cours du marché).
Ces éléments nuisent à des perspectives de croissance stables et ont des répercussions sur la structure de l’économie du pays, dans le sens où l’Etat ne peut avoir de prise sur la stabilité des cours de matière premières mondiaux. La loi mondiale de l’offre et de la demande échappe aux Etats.
Ces faits contribuent à expliquer partiellement le fait qu’il est une “malédiction” de devoir assurer l’exploitation de ressources abondantes et non renouvelables ( minerais, pétrole, gaz) pour un Etat souverain ; la pression sur les Etats disposant d’importantes ressources est d’autant plus forte qu’avec la récente crise énergétique et la conjoncture économique mondiale actuelle, ces ressources font l’objet d’une demande croissante, notamment avec l’émergence de certaines économies asiatiques.
Une autre partie de la malédiction, c’est qu’en dépit de ressources non renouvelables abondantes et d’investissements colossaux dans des projets énergétiques (extraction de minerais, infrastructures d’exploitation de gisements d’hydrocarbure et de gaz naturel) et de ressources renouvelables, le pays reste pauvre. Le taux de pauvreté à l’heure actuelle frôle les 50% de la population nationale et les réformes structurelles pour combattre la pauvreté ne sont pas menées à bien.
A partir de ce postulat, j’ai pu comprendre à travers les différentes conversations que j’ai pu avoir avec les péruviens, que la population péruvienne est en droit de se demander quel est l’impact véritable de ces nombreux projets énergétiques en termes de croissance économique, de développement et d’amélioration des conditions de vie de la population. D’autre part ce thème soulève d’autres interrogations chez eux, comme celle de connaître les raisons qui expliquent cette “malédiction des ressources naturelles” dans le cas d’un pays comme le Pérou.
La vraie question que j’ai pu faire ressortir de cette réflexion repose sur les mesures à prendre pour faire émerger un modèle d’exportation garantissant de réels bénéfices en termes de développement économique, social, et environnemental. Plusieurs éléments de réponse sont apportés par un économiste, Joseph Stigitz :
- primauté du lucratif : les profits potentiels générés par l’exploitation de ressources à l’image des hydrocarbures, des minerais et du gaz orientent les dirigeants politiques et entrepreneurs vers des objectifs pervertis.
- Volatilité : les ressources naturelles sont sujettes à des prix hautement volatiles et déterminés par les marchés financiers internationaux, qui, lorsqu’ils entrent dans des crises récurrentes peuvent avoir de graves conséquences sur les pays les plus pauvres.
A mes yeux, le Pérou initie un début de prise de conscience sur les enjeux des ressources naturelles. Durant longtemps, l’intérêt économique a occulté l’impact des activités humaines sur l’environnement ; sous un angle plus général, la politique conduite par l’Etat ne permettait pas d’offrir une politique conciliable avec le développement durable : c’est à dire les besoins des générations présentes primaient sur la problématique environnementale et les besoins des générations futures ; aujourd’hui les questions liées à l’environnement commencent à prendre une importance croissante sur la scène politique du pays.
En effet, comme me commentait ma collègue Romina, diplômée de l’éducation péruvienne, l’environnement a durant de nombreuses années été occulté dans le programme éducatif des établissements scolaires, et l’absence de préoccupation citoyenne parmi la population a aggravé la situation (tri, déchets, économie d’énergie, politique de développements d’énergies alternatives).
En 2008, le Conseil National de l’Environnement se crée (http://www.conam.gob.pe/Modulos/Home/index.asp), ce qui constitue en soi une étape significative dans la prise de conscience nationale. Toutefois les progrès à réaliser en terme de protection environnementale restent importants.
Je me suis rendu compte après cette analyse de la situation que malgré l’envergure des projets énergétiques entrepris au Pérou et une politique énergétique restée pendant longtemps non durable, l’incidence sur les conditions de vie de la population reste limitée, voire inexistante selon certains commentaires récurrents que j’ai entendus.
En vue d’apporter un angle de vue différent, nous vous invitons à exprimer votre point de vue sur le débat des enjeux politiques des ressources naturelles au Pérou. Merci par avance pour vos commentaires.
Equateur : Archéologie et bureaucratie
Il y a de cela des milliers d’années, les habitants d’Equateur construisirent un monument de pierre dans les Andes. Mesurant 2630 mètres de hauteur, il était situé entre les deux cordillères des Andes, sur une colline appelée le Catequilla. Du sommet du Catequilla et par temps clair, la vue sur les alentours s’étend sur un rayon de 360º et on peut embrasser tout le site archéologique d’un seul regard. Les deux chaînes de montagnes ralliant le nord au sud, étaient des points d’orientation idéaux. La cordillère Est était utilisée pour déterminer précisément l’apparition des étoiles tandis que la cordillère Ouest permettait de localiser leur disparition.
L’hémicycle a un diamètre de 70 mètres et il est caractérisé par un mur de pierre et de terre d’environ 1m80 de haut. On trouve aujourd’hui dans cette vallée le monument de la “Mitad del Mundo”, littéralement la “Moitié du monde”, construit à l’endroit déterminé scientifiquement par la mission géodésique française conduite par Charles de La Condamine au XVIIIe siècle. Tandis que le nouveau monument a été construit à quelques centaines de mètres de la ligne équatoriale, ce monument, qui date d’il y a mille ans, est situé exactement sur celle-ci.
Pour savoir ce qu se passe sur ce site archéologique équatorien, cliquez ici !

